Pas de cinéma à Charenton

Ma passion, c’est le cinéma. En 2017, cela fera dix ans que je possède la carte UGC illimité. Quel bonheur pour une cinéphile comme moi. Je m’y rends quatre à cinq fois par mois, sans lassitude.

Aujourd’hui, j’habite un appartement dans le sud de la ville de Charenton le Pont. L’avantage est que je peux désormais me rendre en quinze minutes seulement, à l’UGC Bercy, mon cinéma favori parisien. Le bus 24 dessert le bas de ma rue et me « propulse » à n’importe quelle séance de jour et de nuit, en semaine comme en weekend.

C’est la première fois que je bénéficie d’un trajet aussi rapide pour atteindre une salle obscure gorgée d’œuvres cinématographiques.

Mais lorsque j’y repense, je me dis que mon plaisir aurait pu être encore plus considérable. Je vous raconte.

Il y a deux ans, quand je me présente à la première visite de mon appartement, je suis en retard. Sachant que nous sommes plusieurs à vouloir ce logis bien éclairé et à prix abordable, je me presse à la sortie de métro. Heureusement, le chemin est assez direct. J’atteins rapidement la bonne rue, mais celle-ci est longue et pentue. J’y vais à grandes enjambées et fini enfin par apercevoir le bon numéro.

L’agent immobilier m’attend dans le hall de l’immeuble. Il est étonnement sympathique. A la fin de la visite, il me fait savoir que mon dossier a de grandes chances d’être accepté.

Il avait raison, je déménage deux semaines plus tard.

Avant d’emménager, je me rends à l’appartement pour faire de la peinture. L’ancien locataire ayant eu la mauvaise idée de mettre du papier avec des dauphins dans le couloir, à l’entrée. J’emprunte alors la rue dans le sens inverse que la première fois, afin de profiter de la descente.

J’entame ma route en prenant le temps de repérer les détails de mon nouvel environnement quand mes yeux s’arrêtent sur un élément improbable. Sur ma gauche, se présente un court immeuble composé de baies vitrées veillottes où est fixée une enseigne commerciale horizontale : « CINEMAS » est inscrit en lettres rouges.

Le ravissement puis l’étonnement s’emparent de moi. J’avais pourtant vérifié sur le site de la ville, aucun cinéma en activité n’était renseigné.

Plus tard dans le mois, lors d’une visite du quartier, je prends le temps de faire le tour de cet immeuble intriguant. En effet, à plusieurs reprises, j’y ai aperçu du mouvement et de la lumière dans les étages. Aucune entrée apparente, le cinéma est à l’abandon. Seul le vestige de l’enseigne laisse croire qu’un cinéma fut présent.

Les semaines passent sans que rien de nouveau ne se produise. Mais en hiver, alors que la nuit tombe plus tôt, un élément attire de nouveau mon attention, des rideaux ont été mis. A travers, on peut distinguer des silhouettes de temps à autre. Néanmoins les rares fois où je m’arrête pour voir plus clairement, les mouvements cessent.

Le surlendemain, trop intriguée, je décide d’aller à la mairie pour en savoir plus. Suite à mon entrevue avec l’hôtesse d’accueil, je perce le mystère de cet immeuble « cinéma ».

En réalité, ce dernier a fermé il y a treize ans. Il a été victime des constructions avoisinantes des cinémas Bercy et du MK2 Bnf, qui ont attiré le peu de clientèle qui lui restait.

 

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